Histoire du tennis de table

Débuts en Angleterre

Le tennis de table trouve ses origines dans l’Angleterre de la fin du XIXe siècle. L’histoire la plus répandue sur la création du tennis de table est qu’au cours d’un diner, des notables de la société victorienne discutant de tennis ont voulu montrer quelques schémas de jeu sur la table. Ils se sont alors servis d’un bouchon de champagne en guise de balle, des boites de cigare pour les raquettes et des livres pour le filet.

Sa popularité croissante incite des fabricants de jeux à vendre des équipements. En 1890, l’Anglais David Foster introduit le premier jeu de tennis sur une table, suivi par Jacques Gossima en 18911. Les premiers championnats nationaux sont organisés en Hongrie en 1897. D’après d’autres sources, ce serait l’Anglais John Jaques qui en 1901 invente le Ping Pong, ce qui conduit son entreprise familiale à produire des équipements. Ce nouveau jeu est appelé à l’époque gossima.

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En 1901, James Gibb, un Anglais passionné par ce jeu, rapporte d’un voyage aux États-Unis une balle en celluloïd, plus légère que les balles en caoutchouc utilisées précédemment. En 1902, E.C. Gould, autre Britannique, introduit pour la première fois des raquettes recouvertes de caoutchouc et de picots caoutchoutés. Un magazine consacré au tennis de table parait brièvement en 1902.

Avec la popularité grandissante du tennis de table, de nombreux tournois sont organisés. Les premiers matchs publics se disputent au Queen’s Hall de Londres6 et un championnat du monde officiel a lieu en 1902, la même année que la création de l’English Table Tennis, la fédération britannique de tennis de table. La discipline connaît à ce moment une montée de sa popularité en Allemagne, les premiers Championnats d’Europe ont lieu en 1907. Mais les activités sportives passent au second plan durant la Première Guerre mondiale.

Mise en place des structures

En 1921, la « Table Tennis Association » est créée en Angleterre, suivie par une fédération internationale, l’« International Table Tennis Federation » (ITTF) en 1926, dont le premier président est le britannique Ivor Montagu. Les premiers championnats du monde ont lieu à Londres en 1926. La fédération groupe alors l’Angleterre, la Hongrie, l’Autriche, l’Allemagne, la Tchécoslovaquie et la Suède. Le premier champion du monde est le Hongrois Roland Jacobi et la première lauréate du championnat féminin est Maria Mednyanszky.

À cette période, il n’est pas rare que des champions de tennis pratiquent aussi le tennis de table en compétition, comme le britannique Fred Perry qui gagne plusieurs tournois du grand chelem de tennis et est champion du monde de tennis de table en 1929. Ann Haydon-Jones remporte également sept titres du grand chelem de tennis dont trois en simple et est trois fois vice-championne du monde en tennis de table.

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La fédération française de tennis de table (FFTT) est créée en mars 1927, et les premiers français participeront, timidement, au championnat du monde de 1929 à Budapest. La section tennis de table UFOLEP a aussi fortement participé, par la suite, au développement de ce sport en France.

Viktor Barna, Hongrois naturalisé Britannique arrivé en France en 1931, est pour beaucoup dans l’essor que le tennis de table connait à cette époque.

Fin 1940, la FFTT est interdite par le Régime de Vichy selon son idéologie de Révolution nationale et est fusionnée en 1941 avec celle du tennis. À noter que le tennis de table a été interdit en Union soviétique entre 1930 et 1950 environ, parce que les autorités pensaient qu’il était dangereux pour les yeux.

Parmi les grands champions des débuts de l’histoire du tennis de table figure l’Austro-Britannique Richard Bergmann, un des plus grands défenseurs, sacré champion du monde en 1937, 1939, 1948 et 1950. Un joueur emblématique de cette époque est le Franco-Polonais Alojzy Ehrlich, 3 fois vice-champion du Monde, ou l’américain Marty Reisman resté fidèle aux raquettes sans mousse.

Parmi les grandes joueuses, on peut citer la Roumaine Angelica Rozeanu, au palmarès impressionnant : 12 fois championne du monde en simples et en doubles, dont 6 de suite en simples dames (de 1950 à 1955), 5 fois championne du monde par équipes, 2 fois championne d’Europe en doubles dames. Elle fut internationale de 1936 à 1960.

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Domination des pays de l’est et essor en Asie

Le tennis de table est dominé par les pays de l’est de l’Europe dans les années 1930, en particulier les Hongrois avec des joueurs comme Victor Barna ou Miklos Szabados, puis par les Japonais dans les années 1950, ce qui s’est concrétisé par leur domination lors des Championnat du monde par équipes de tennis de table entre 1954 et 1959.

Les Japonais innovent en introduisant la mousse, qui permet des effets jusque là inédits avec les raquettes classiques. La suprématie chinoise commence dans les années 1960, seulement interrompue par les Hongrois comme Tibor Klampar en 1979 et surtout les Suédois dans les années 1990 avec Jan-Ove Waldner et Jörgen Persson en particulier. Chez les femmes la roumaine Angelica Rozeanu domine la spécialité en remportant six titres consécutifs entre 1950 et 1955, record inégalé à ce jour. Entre 1952 et 1957, les Japonais fournissent plusieurs champions du monde dont le premier est Hiroji Satō, et réalisent même le podium parfait en 1956 à Tokyo. Les années 1960 voient apparaitre une première vague de champions chinois dont Zhuang Zedong, triple champion du monde en 1961, 1963 et 1965, impliqué dans la diplomatie du ping-pong qui a contribué à l’amélioration des relations sino-américaines à cette période.

En 1977, une évolution importante se produit, avec l’utilisation pour la première fois lors des championnats du monde de Birmingham du service lancé, appelé d’ailleurs « service chinois » : le service devient un élément tactique essentiel alors qu’il n’est auparavant le plus souvent qu’une mise en jeu. C’est d’ailleurs lors de ces championnats du monde que la paire française Jacques Secrétin/Claude Bergeret emmenée par l’entraineur national Pierre Grandjean bat la paire japonaise en double mixte, et offre à la France son 1er titre de Champion du Monde, le titre en simple étant remporté par le japonais Mitsuru Kōno.

À cette période se produit aussi la révolution de la colle : les Yougoslaves et les Hongrois commencent à utiliser de la colle avec solvants pour les revêtements appelée « colle rapide », ce qui procure une vitesse plus importante à la balle et raccourcit la durée des échanges. Par la suite les Hongrois dominent la discipline, avec István Jonyer qui introduit la technique du topspin, et Tibor Klampár qui est parmi les premiers à utiliser la colle rapide. Ce type de colle est interdite en 2008, à cause des effets nocifs des solvants. L’histoire du tennis de table peut être vue comme une succession d’avancées techniques (apparition du topspin, améliorations du matériel, méthodes d’entraînements, etc.) et de réajustements des règlements (passage aux sets de 11 points, augmentation de la taille de la balle, interdiction de la colle, etc.)

L’école suédoise

L’équipe de Suède, emmenée par Jan-Ove Waldner, Jörgen Persson et Mikael Appelgren, remporte les championnats du monde par équipes en 1989 à Dortmund devant la République populaire de Chine, ainsi qu’en 1991 à Chiba et en 1993 à Göteborg, et une dernière fois en 2000 à Kuala Lumpur, intermède dans la domination chinoise qui ne s’est pas démentie depuis. L’école suédoise innove dans les méthodes d’entrainement, produisant des joueurs comme Stellan Bengtsson, champion du monde en 1971, Peter Karlsson, champion d’Europe ou Erik Lindh, médaillé olympique.

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Reconnaissance olympique

Le tennis de table est devenu sport olympique en 1988 à Séoul, et voit la première médaille d’or attribuée au Coréen Yoo Nam-kyu, la Chine remportant le double messieurs. En 1992, c’est le suédois Jan-Ove Waldner qui s’est imposé devant le français Gatien. La discipline s’est professionnalisée avec l’apparition du Pro Tour en 1996, et est dominée par les Asiatiques depuis 1995, avec comme représentant emblématique Wang Liqin, qui est une véritable star dans son pays, triple champion du monde en simple et longtemps numéro 1 mondial. L’histoire du tennis de table actuel compte des champions européens comme le Belge Jean-Michel Saive, le Croate Zoran Primorac, l’Allemand Timo Boll, le Biélorusse Vladimir Samsonov, l’Autrichien Werner Schlager, champion du monde en 2003 ou encore le Danois Michael Maze, champion d’Europe en titre. Le tennis de table est dominé au niveau mondial par les Asiatiques, dont le Coréen Ryu Seung-min, mais surtout par les Chinois Ma Lin, Wang Liqin, Wang Hao, Ma Long no 1 en 2010, ou Zhang Jike champion du monde en 2011 et en 2013 à Paris,champion Olympique en 2012 à Londres, et Wang Nan ou Zhang Yining chez les féminines.

Le meilleur joueur du monde est en 2010 le Chinois Ma Long, la meilleure joueuse est la Chinoise Liu Shiwen. Il y a régulièrement au moins six Chinois dans les dix premiers mondiaux aussi bien chez les hommes que chez les femmes, ce qui concrétise la domination des Chinois dans ce sport actuellement.

Quelques dates clefs

1926 1er championnat du monde à Londres.
1927 Création de la fédération française de tennis de table.
1928 1er championnat de France.
1932 1er internationaux de France.
1936 L’échange le plus long de l’histoire du tennis de table, 2H15min, fut établi lors du championnat du monde de Prague.
1948 Instauration de la règle de l’accélération.
1960 Apparition du top spin. Grande révolution dans les méthodes de jeu du tennis de table.
1981 Reconnaissance du tennis de table par le Comité Internationnal Olympique.
1988 Apparition du tennis de table aux jeux olympiques.
2000 La balle de tennis de table passe de 38 mm à 40 mm.
2001 Les sets passent de 21 points à 11 points et de 2 sets gagnants à 3.